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17
juin

Réflexion sur le soutien-gorge de sport / Reflections on Sports Bras / Reflexión sobre el sujetador de deporte

English follows
Sigue en español

 

Pas de panique, je ne change pas de spécialité. Ce sujet est par contre passionnant et le parallèle avec la chaussure de sport et l’orthèse plantaire est flagrant.

 

Étapes d’une commercialisation efficace

1. Créer un besoin : Les femmes ont des seins, la course fait bouger les seins, le soutien-gorge les soutient, les soutenir améliore le confort immédiat.

(Les études sur le confort subjectif immédiat du port d’un soutien-gorge existent et les expériences personnelles allant dans le même sens sont nombreuses… mais qu’en est-il sur du long terme ?)

2. S’appuyer sur une logique simpliste : l’effet de soutien du soutien-gorge évite au sein de « tomber ». Les femmes devraient en porter si elles veulent garder des seins « orgueilleux » et avoir moins mal lors de la course.

(Le sein est soutenu naturellement par le ligament de Cooper, la peau et le muscle platysma. Un support externe ne pourrait-il pas avoir l’effet secondaire, sur du long terme, de ne pas solliciter suffisamment ces mécanismes naturels et faire finalement l’effet contraire ?)

3. Minimiser l’importance des effets néfastes potentiels : Connaissez-vous un effet secondaire de l’utilisation des soutiens-gorge ?  Pas moi, jusqu’à la lecture de cette recherche.

(Cette évidence est vraiment faible ! Y a-t-il vraiment un lien ? Ce facteur est-il vraiment significatif ? Est-ce un mythe ? Peut-être que oui, peut-être que non… Mais l’homme moderne n’est-il pas, encore une fois, le champion de la gestion des effets secondaires de ses propres interventions ?)

4. S’assurer que le message se perpétue à travers les années : Le soutien-gorge est devenu une norme sociale.

(La majorité des femmes en portent et les portent bien avant d’avoir des seins… question d’être dans la norme.)

 

La question que Jean-Denis Rouillon, Laetitia Pierrot et Olivier Roussel se sont posée dans deux thèses de médecine était relativement simple : Est-il réellement utile de porter un soutien-gorge ?  Leur étude préliminaire de 1 an avait été menée sur 33 femmes âgées de 18 à 25 ans (la deuxième étude sur 3 ans, suivait 50 femmes de 18 à 30 ans). Ils ont cherché à connaître les effets d’un arrêt total du port du soutien-gorge sur le sein, lors de la vie quotidienne et sportive. Les mesures biométriques ont montré que l’arrêt du port du soutien-gorge était bien supporté par les femmes en terme de confort et d’esthétique et, contrairement aux idées reçues, le sein ne tombait pas, mais il se raffermissait et il remontait !! Ces modifications cliniques semblaient être liées au renforcement du tissu conjonctif et des moyens de fixité du sein qui se sont adaptés aux nouvelles contraintes mécaniques imposées par l’arrêt du port du soutien-gorge.

Leurs conclusions : « Nos résultats valident l’hypothèse que le soutien-gorge est un faux besoin. Médicalement, physiologiquement, anatomiquement, le sein ne tire pas bénéfice d’être privé de la pesanteur. Au contraire, il s’étiole avec le soutien-gorge ».

Attention : Ne brûlez pas vos soutiens-gorge (ni vos chaussures). La Clinique Du Coureur a toujours été un pourvoyeur de connaissances et de guides pratique. Cette fois-ci, je me contenterai de vous informer !

 

Quelques questions sans réponses :

  • Est ce que la logique reste la même avec un sein de volume important (D et plus gros) ?
  • Est ce que la logique reste la même pour certaines femmes avec un profil « hyperlax » (plus de chance que le soutien naturel ne suffise pas)? … ou qui allaite? … ou qui ont des prothèses mammaires? … qui ont des variations de poids ? … ou qui sont plus âgées ?
  • Qu’en est-il de l’aspect esthétique?

… Plein de questions auxquelles nous n’avons pas de réponses.

 

2009-Roussel,  Facteur de l’évolution morphologique du sein après arrêt du soutien-gorge : étude ouverte préliminaire longitudinale chez 50 volontaires. Thèse de médecine, Besançon, France, Faculté de Médecine et de Pharmacie – N° 09 – 085.
 
2003-Pierrot, Evolution de sein après l’arrêt du port du soutien-gorge : étude préliminaire longitudinale sur 33 sportives volontaires ; Thèse de médecine, Besançon, France, Faculté de Médecine et de Pharmacie.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

English

 

Don’t panic, at least not yet! I’m not shooting for a new specialty. However, I do believe that this topic is extremely fascinating considering the parallel that can be made with sports footwear and foot orthoses.

 

Effective Marketing Steps

1. Create a need: Women have breasts, running induces movement at breast level, bras support breasts, support increases immediate comfort.

(Studies confirming immediate subjective comfort relative to wearing sports bras do exist and personal testimonies widely support this claim … but what about the related long-term effect?)

2. Rely on simple logic: Bras prevent breasts from “sagging.” Women should wear bras if they wish everything to keep “pointing up” and feel less pain when they run.

(Cooper’s ligaments, the skin as well as the platysma help maintain the structural integrity of the breast. Could external support bring about, over the long term, the opposite effect, which is not soliciting enough natural mechanisms to that effect?)

3. Minimize the importance of potential negative effects: Are you aware of any side effects associated with wearing bras? I wasn’t, at least until I came across the following research.

(Evidence is very weak! Is there a correlation? Is this factor actually relevant or just a myth? Maybe so, maybe not. However, isn’t man yet again the sole responsible for managing the side effects of his own interventions?)

4. Make sure the message withstands the test of time: Wearing a bra has become the social norm …

(Most women even wear bras before they actually need to just to fit in.)

 

The question brought up by Jean-Denis Rouillon, Laetitia Pierrot and Olivier Roussel as part of two doctorate dissertations was relatively simple: Is wearing a bra really useful? Their one-year preliminary study targeted 33 women aged between 18 and 25 (an additional three-year study comprised 50 women, 18-30 years). They sought to understand the effects of no longer wearing a bra, both in their daily lives and during sporting activities. The biometric measurements showed that women reacted well in terms of comfort and aesthetics. Additionally, contrary to popular belief, not wearing a bra did not result in sagging; quite the opposite rather. Breasts were firmer and tended to move up instead! These clinical changes appeared to be linked to stronger connective tissue and better breast fixation capability, which adapted to the new mechanical constraints imposed from no longer wearing a bra.
Their conclusion was as follows:

« Our results confirm the hypothesis that the bra is a false need. Medically, physiologically, anatomically, the breast does not benefit from being deprived of gravity. Instead, it languishes with a bra. »
Caution: Don’t go out burning your bras just yet (or your shoes). Although The Running Clinic has always been a provider of knowledge and practical guides; this time, we are just relaying information!
A few unanswered questions:

  • Is the same logic to be considered for larger breasts (D cup and above)?
  • Is the same logic to be considered for women who are “hyperlax” (higher likelihood that natural support won’t be enough)? … Or for women who breastfeed? … Or who have breast implants? … Or whose weight varies considerably over time? … Or who are older?
  • What about the aesthetic aspect to it?

So many questions with so few answers…

 

2009-Roussel,  Facteur de l’évolution morphologique du sein après arrêt du soutien-gorge : étude ouverte préliminaire longitudinale chez 50 volontaires. Thèse de médecine, Besançon, France, Faculté de Médecine et de Pharmacie – N° 09 – 085.

2003-Pierrot, Evolution de sein après l’arrêt du port du soutien-gorge : étude préliminaire longitudinale sur 33 sportives volontaires ; Thèse de médecine, Besançon, France, Faculté de Médecine et de Pharmacie

 

 

 

 

 

 

 

 

Español

No os asustéis,  no me cambio de especialidad. Este caso es apasionante y el paralelismo que tiene con el calzado de deporte y las ortesis plantares es flagrante.

 

Etapas de una comercialización eficaz

1. Crear una necesidad : Las mujeres tienen pechos, la carrera hace que se muevan estos pechos,  los sujetadores los mantienen, mantenerlos mejora la comodidad inmediata.

(Los estudios sobre la comodidad subjetiva inmediata del sujetador existen y las experiencias personales que van en la misma dirección son numerosas…¿pero qué pasa a largo plazo?)

2. Apoyarse sobre una lógica simplista : el efecto del sujetador evita que los pechos « caigan ». Las mujeres deberían llevarlos si quieren mantenerlos « orgullosas » y tener menos dolor en el momento de la carrera a pie.

(El pecho se sostiene naturalmente por el ligamento de Cooper, la piel y el músculo platisma. Un soporte externo ¿ no podría tener un efecto secundario, a largo plazo, de no solicitar suficientemente estos mecanismos naturales y hacer finalmente el efecto contrario ?)

3. Minimizar la importancia de los efectos potencialmente nefastos : ¿ Conocéis algún efecto secundario producido por la utilización del sujetador ? Yo no, hasta que he leído estos artículos.

(¡ Esta evidencia es verdaderamente débil ! ¿ Realmente hay alguna relación ? ¿ Este factor es verdaderamente significativo ? ¿ Es un mito ? Puede que sí, puede que no…¿Pero no es el hombre moderno, una vez más, el campeón de la gestión de los efectos secundarios de sus propias intervenciones ?)

4. Asegurarse que el mensaje se perpetúa a través de los años : El sujetador se ha convertido en una norma social…

(La mayoría de las mujeres los llevan y los llevan mucho antes de tener pechos… cuestión de estar dentro de la norma.)

 

La pregunta que Jean-Denis Rouillon, Laetitia Pierrot y Olivier Roussel se hicieron en dos tesis de medicina era relativamente simple : ¿Realmente es útil llevar un sujetador ? Su estudio preliminar de 1 año de duración había sido realizado con 33 mujeres de entre 18 y 25 años (el segundo estudio de 3 años, seguía 50 mujeres de entre 18 y 30 años). Ellos buscaron conocer los efectos de quitar totalmente el uso del sujetador, tanto en la vida cuotidiana como en la deportiva. Las medidas biométricas mostraron que dejar de llevar el sujetador era algo bien soportado por las mujeres en términos de comodidad y de estética y, contrariamente a las ideas recibidas, el pecho no solo no caía, sino que se reafirmaba y se alzaba !! Estas modificaciones clínicas parecían estar ligadas al refuerzo del tejido conjuntivo y de los medios de firmeza del pecho que se han adaptado a las nuevas obligaciones mecánicas impuestas por el hecho de dejar de llevar el sujetador.

Sus conclusiones : « Nuestros resultados dan validez a la hipótesis que el sujetador es una falsa necesidad. Médicamente, fisiológicamente, anatómicamente, el pecho no saca beneficio de ser privado de la gravedad. Al contrario, se estrella con el sujetador ».

 

Atención : No queméis vuestros sujetadores (ni vuestro calzado). La Clínica Del Corredor siempre ha sido un proveedor de conocimientos y de guías prácticas. Esta vez, me contento con informaros !

Algunas preguntas sin respuesta :

  •  ¿ Podríamos aplicar esta misma lógica para un pecho con un volumen importante (D y más grande) ?
  •  ¿ Podríamos aplicar esta misma lógica para ciertas mujeres con un perfil « hyperlaxo » (con más probabilidades de que el soporte natural no les sea suficiente) ? … ¿ o que dan el pecho ?… ¿ o que tienen prótesis mamarias ? … ¿ que tienen variaciones de peso ? … ¿ o que son más mayores ?
  •  ¿ Qué pasa con el aspecto estético ?

… Muchas preguntas para las que no tenemos respuestas.

 

2009-Roussel,  Facteur de l’évolution morphologique du sein après arrêt du soutien-gorge : étude ouverte préliminaire longitudinale chez 50 volontaires. Thèse de médecine, Besançon, France, Faculté de Médecine et de Pharmacie – N° 09 – 085.

2003-Pierrot, Evolution de sein après l’arrêt du port du soutien-gorge : étude préliminaire longitudinale sur 33 sportives volontaires ; Thèse de médecine, Besançon, France, Faculté de Médecine et de Pharmacie.

28
avr

Performance et chaussures / Performance and shoes

English follows

L’histoire qui suit est un classique. Christian Mercier, marathonien, 38 ans, 2h23, 150 à 200km par semaine, presque jamais blessé, commandité par Mizuno. Objectif : briser le 2h20. Habitudes de chaussage : entraînement (80% du volume) avec les Precision (cote TRC de 55%, 350g -http://www.mizunousa.com/running/catalog/mensfootwear-), intervalles et compétitions de marathon avec les Ronin (cote TRC de 67%, 200g), compétitions de 10 km avec les Ekiden (cote TRC de 73%, 130g). Disponibles mais non utilisées : Universe (cote TRC de 78%, 110g) et les Prophecy (cote TRC de 47%, 350g).

Je n’analyserai pas ici toutes les raisons pour lesquelles la majorité des athlètes de haut niveau utilisent ce système d’alternance, ni pourquoi il y a 10 ans la majorité utilisait des chaussures encore plus grosses et plus lourdes. Je pense tout de même que la majorité des athlètes suivent les tendances sans trop se questionner, influencés par ce que propose le marché et par l’expérience de coureurs plus âgés, anciennement adaptés à plus gros et ayant trouvé un équilibre dans cette recette « d’entre deux ».

Lors de discussion avec ces athlètes, les raisons principales qui justifient leur choix sont les suivantes :

  1. Je ne vois pas d’avantages sur la performance de courir mes entraînements et mon marathon avec une chaussure plus minimaliste.
  2. Je crains que l’utilisation de chaussures plus minimaliste me « taxe / fatigue / blesse », si utilisées dans mes entraînements ou lors du jour J de la compétition.

Je conviens que l’athlète de haut niveau a des biomécaniques déjà efficaces, souvent bien cristallisées et que contrairement aux coureurs récréatifs, l’utilisation de chaussures plus minimalistes aura une influence minime sur l’efficacité de la foulée. Ce qui est par contre notable sur la performance, c’est son poids. Les études sont unanimes sur ce sujet (2012-Perl, 2012-Franz, 2011-Hanson, 2011-Jenkins(R), 2008-Divert, 2009-Bonacci, 1985-Burkett, 2009-Squadrone, 1994-Flaherty, 1979-Catlin, 1981-Rlston, 1969-Soule, 1985-Martin, 1986-Jones). Chaque 100 grammes dans les pieds augmente de 0.7 à 1% la consommation d’oxygène (et chaque 1% d’augmentation de VO2 se traduit par une réduction de vitesse de 2.94m/min). Si on calcule la résultante sur le temps réel du marathon, on parle pour notre cas ci-haut mentionné de 1min30 gagnée s’il courrait son marathon avec les Ekiden (2 x 70g = 140g = 1%) et 3 min s’il courrait avec les Wave Universe (180g = 2%)… ou de plus de 4 min perdues s’il le courrait avec les Prophecy. Notez que nous ne parlons que du poids et non des influences biomécaniques qui pourraient, pour certains, repousser cet avantage.

Plusieurs vous diront que le problème est la non tolérance au nouveau stress mécanique engendré par cette chaussure plus minimaliste qui amènerait probablement notre coureur à finir… sur les genoux en un temps bien plus lent.

La solution : s’y adapter, tout en douceur, durant les entraînements pour pouvoir l’utiliser en performance. Un processus qui se doit de respecter les processus d’adaptation tissulaire, de ne pas interférer avec la quantité d’entraînement désiré… un processus qui peut donc prendre un à deux ans !

Les questions sont ouvertes : Ces données expérimentales sont-elles applicables pratiquement ? Est-ce que les athlètes se privent de précieuses secondes ? Serait-ce encore les influences commerciales qui dictent les comportements ? Verra-t-on de plus en plus de marathoniens courant avec des chaussures plus minimalistes qu’actuellement ? Mon opinion : oui aux 4 questions !!!

 

 

English

 

What follows is a classic story: Christian Mercier, marathon runner, 38 years old, 2h23, 150 to 200 km a week, has never had any serious injury, sponsored by Mizuno. Goal: break 2h20. Shoe habit: training (80% of volume) with the Precision model (55% TRC rating, 350 g -http://www.mizunousa.com/running/catalog/mensfootwear-), intervals and marathon events with the Ronin model (67% TRC rating, 200 g), 10 km events with the Ekiden model (73% TRC rating, 130 g). Available but not used: the Universe model (78% TRC rating, 110 g) and the Prophecy model (74% TRC rating, 350 g).

I won’t go into details as to why most high-level athletes use several shoe models, or why ten years ago the majority of runners used even bigger and heavier shoes. I do believe though that a large number of athletes follow trends blindly, due to the influence exerted by the market and based upon the experience of older runners, who are used to running with bulkier shoes and who have found peace of mind using light trainers rather than more minimalist shoes.

After discussing with these athletes, the following motives have been raised for explaining their choice:

  1. I don’t see how I will perform better if I use more minimalist shoes for training and running marathons.
  2. I’m afraid that if I use more minimalist shoes during trainings or on the day of an event I will get “sored/tired/injured.”

I agree that high-level athletes already have efficient, well-developed biomechanics. The use of more minimalist shoes will have for them a much lower impact on stride efficiency, contrary to recreational runners. On the other hand, what does impact performance is the weight of the shoes. Study results are consistent throughout on this topic (2012-Perl, 2012-Franz, 2011-Hanson, 2011-Jenkins(R), 2008-Divert, 2009-Bonacci, 1985-Burkett, 2009-Squadrone, 1994-Flaherty, 1979-Catlin, 1981-Rlston, 1969-Soule, 1985-Martin, 1986-Jones). Each 100 grams at shoe level causes oxygen consumption to go up by 0.7 to 1% (each 1.0 % increase in VO2 would translate to a 2.94 m/min decrease in running speed.). Over the course of a marathon, for our case above, it means 1:30 minutes faster with the Ekiden model (2 x 70 g = 140 g = 1%) and 3 minutes with the Wave Universe model (180 g = 2%), but over 4 minutes slower with the Prophecy model. Please note that we are referring to weight only and not to biomechanical influences, which might, for some, increase speed even more.

Many people will tell you that the problem is the added mechanical stress of using a more minimalist model, which would probably cause runners to finish their races … on the knees and at a much slower pace at that.

Solution: Transition slowly during training so you can use them during performance events. Such a process must follow tissue adaptation processes, must not interfere with the training load targeted and may cover a period as long as one to two years!

Can these experimental data be applied concretely? Are athletes actually seconds slower due to this phenomenon? Are behaviors still influenced by the shoe industry? Will more runners opt for more minimalist shoes in the future? In my own opinion: “yes” to all four questions!

9
avr

Les timbres de nitro pour la tendinopathie d’Achille / Nitro Patches for Achilles Tendinopathy

English follows

Dans ma pratique spécialisée chez les coureurs à pied, il m’arrive fréquemment de voir des cas qui n’évoluent pas favorablement aux traitements conservateurs. Après plusieurs approches provenant de plusieurs professions diverses, certains patients retontissent dans mon bureau. Dans la grande majorité des cas, mon approche est le retour à la base.

Prenons le cas de la tendinopathie d’Achille. La première chose à bien faire est l’explication de la quantification du stress mécanique. Juste ce 15 minutes d’explication au coureur, si bien compris, amène la grande partie de tout mon succès à traiter cette pathologie… et j’en ai traité des centaines !

On ajoutera ensuite selon sa phase et notre évaluation, des interventions comme le renforcement excentrique, le stretching, enlever l’irritant possible (couper le heel notch). Dans la majorité des cas, on ne perdra pas de temps avec les orthèses plantaires, la correction biomécanique, la thérapie manuelle et l’électrothérapie (ultrasons, TENS, …). On évitera aussi les anti-inflammatoires et les injections de cortisone. Cette approche fonctionne avec plus de 95% des coureurs qui vous consultent.

Mais quand ça ne marche pas… que fait-on ? Shock wave ? PRP ? Les timbres de nitroglycérine transdermique (nitro patch) sont-elles une option à envisager pour les tendinopathies d’Achille ?

Modalité de plus en plus à la mode en Amérique du Nord, certains médecins du sport l’utilisent dès le début de la pathologie, pour différentes pathologies de surutilisation. Mais quelles sont les évidences connues sur le sujet ? Voici un résumé.

  1. Un seul groupe scientifique a bien étudié cette modalité (groupe de Murrell).
  2. Une seule étude -2 publications- a été faite à ce jour pour le tendon d’Achille (suivi de 1 an et repris ensuite pour un suivi de 3 ans)
  3. On parle d’une étude avec 65 sujets. Bonne méthodologie. Risque de biais élevé par contre (analyse Cochrane). Taux de réussite/résultat global moyen pour les 2 groupes (Patient with chronic symptoms > 3 months of Achilles tendonitis… Of patients on GTN patches 78% were asymptomatic with activities of daily living at 6 months compared with 49% of patients who received tendon rehabilitation alone… We found 88% of patients with GTN treatment were asymptomatic at 3 years compared with 67% of patients treated with tendon rehabilitation alone)
  4. Résultats prometteurs pour tendon d’Achille, moins pour les autres tendons (Long-term efficacy of GTN patches  was demonstrated in noninsertional Achilles tendinopathy but not in chronic lateral epicondylitis. In chronic lateral epicondylitis, OrthoDerm patches given in the absence of an exercise program failed to demonstrate evidence for efficacy, suggesting exercise rehabilitation may be important to GTN patch efficacy)
  5. L’effet connu est analgésique, après 3 mois seulement (diminution de douleurs dans AVQ, nuit, sauts, palpation, …)
  6. On suppose une amélioration de la qualité tendineuse, mais celle-ci est basée sur des théories biochimiques/physiologiques, non validées in-vivo.
  7. Les effets secondaires (céphalée, irritation cutanée) sont modérés et réversibles mais présents pour la moitié des patients.
  8. L’utilisation de la patch dans l’étude était de 6 mois (grosse compliance nécéssaire)… Effet si utilisation juste de quelques semaines non connu.

Ma conclusion se résumerait donc ainsi : Soyons prudent de donner trop de valeur thérapeutique au timbre de nitro… nous ne sommes qu’au début des connaissances quand à l’effet de cette modalité… qui reste par contre intéressante pour les cas de tendinopathies d’Achille persistantes où le traitement par quantification du stress mécanique et programme excentrique ne suffisent pas… ou lorsque l’enseignement d’exercices excentriques est limité pour cause de douleur.

 

English

As part of my advanced practice in treating runners, I often come across cases that don’t evolve well with conservative treatments. After a few experiences with various approaches and different practitioners, some patients come to me and, in most cases, the key lies in going back to basics.

Let’s take the example of Achilles tendinopathy. First things first, the best thing to start with is properly explaining the concept of mechanical stress quantification. In my own experience, taking that extra 15 minutes has been key in treating the pathology, and you should know that I have encountered hundreds of these cases!

A series of interventions will then be determined depending on our assessment and the progress achieved; e.g., eccentric reinforcement, stretching, remove the possible local friction (cut the heel notch). In most cases, no time will be wasted with foot orthotics, biomechanical correction, manual therapy and electrotherapy (ultrasounds, TENS). Anti-inflammatory drugs and cortisone injections are to be avoided as well. It is to be noted that this approach works with over 95 percent of runners who come to us for a consultation.

What to do when this doesn’t work? Shock wave? PRP? Are nitro patches a legitimate option for Achilles tendinopathy?

In North America, the new trend for a number of sports physicians consists in using nitro patches as soon as the above-mentioned pathology is detected, as well as for other conditions involving overuse injuries. You will find below a summary of the evidence put forward to date in that area.

  1. Only a single group of scientists have looked into this option (Murrell group).
  2. One study (two publications) has been carried out relative to the Achilles tendon (follow-ups after one and three years, respectively).
  3. This study involved 65 participants. Good methodology but high risk of bias (Cochrane analysis). Average success rate/overall results for both groups (Patient with chronic symptoms > 3 months of Achilles tendonitis… Of patients on GTN patches 78% were asymptomatic with activities of daily living at 6 months compared with 49% of patients who received tendon rehabilitation alone… We found 88% of patients with GTN treatment were asymptomatic at 3 years compared with 67% of patients treated with tendon rehabilitation alone).
  4. Promising results for the Achilles tendon, less positive though for other tendons (Long-term efficacy of GTN patches was demonstrated in non-insertional Achilles tendinopathy but not in chronic lateral epicondylitis. In chronic lateral epicondylitis, OrthoDerm patches given in the absence of an exercise program failed to demonstrate evidence for efficacy, suggesting exercise rehabilitation may be important to GTN patch efficacy.).
  5. The known effect is analgesic, after only three months (pain reduction in activities of daily living, night, hop testing, palpation)
  6. Tendon quality is expected to improve but on the basis of biochemical/physiological theories that have not been validated in-vivo.
  7. Although side effects (headache, skin irritation) are moderate and reversible, they have been noted in half of the patients.
  8. The use of the patch under the study was for a six-month period (big job for the patient)… effects unknown when using the patch for a few weeks only.

In summary, I find that we must remain cautious when it comes to giving therapeutic importance to nitro patches. We are only beginning to learn about the effects of this method. However, it is an interesting option for persistent cases of Achilles tendinopathy where treatment through mechanical stress quantification is not sufficient, or when eccentric exercises are limited due to pain.

1
avr

Attention, minimalisme dangereux! / Be Wary of Minimalism, it’s Dangerous!

English follows

Les médias s’en sont donné à cœur joie dans le dernier mois. RedOrbitDaily MailHuffington PostNY TimesThe Stochastic ScientistCanoeASO Challenge nous ont TOUS averti avec éclat et sensationnalisme que le minimalisme blessait et qu’il était dangereux… en faisant référence à une nouvelle étude de Dr Sarah Ridge, Foot Bone Marrow Edema after 10-Week Transition to Minimalist Running Shoes.

Bon, soyons sérieux et plus rigoureux que ces médias de masse et analysons cette étude. Il s’agit d’une relativement bonne étude scientifique (malgré quelques biais) publiée en janvier 2013. Un protocole très simple : 19 coureurs récréatifs d’expérience utilisant des chaussures traditionnelles, ont eu une résonance magnétique, pour objectiver les blessures osseuses des pieds, avant et après une transition de 10 semaines vers du minimalisme extrême (les fameux Vibram FiveFingers – cote TRC de 90%). Ce groupe a été comparé à un groupe contrôle de 17 coureurs qui ont gardé leurs chaussures traditionnelles.

Les résultats ont été plus que prévisibles. Les coureurs qui ont fait cette transition rapide vers le minimalisme ont eu significativement plus de réaction (oedème ) osseuse aux pieds, traduisant d’un stress trop important. Les conclusions des auteurs ont donc été, avec raison, les suivantes : Les coureurs intéressés à faire la transition vers les chaussures de course minimalistes comme les FiveFingers devraient faire leur transition de façon très lente et graduelle pour éviter toutes blessures potentielles du pied.

Cette conclusion est en accord avec les résultats de leur étude et le reste de la littérature publiée sur le sujet. Si le protocole avait été différent, d’autres conclusions auraient pu être tirées comme : « les coureurs minimalistes intéressés à faire la transition vers les chaussures de course traditionnelle comme les Asics Nimbus devraient faire leur transition de façon très lente et graduelle pour éviter toutes blessures potentielles au genou et au dos. » :)

Les temps de transition avait déjà été étudiés par d’autres auteurs dont Dr Schütte dans une thèse de Doctorat (The Effect of Minimalist Shoe Training on Lower Limb Kinematics and Kinetics in Experienced Shod Runners). Ces données probantes mélangées aux 12 ans d’expérience de prescription de chaussures minimalistes nous ont amené à structurer des temps de transition très conservateurs et extrêmement sécuritaires dans nos recommandations  puisqu’une transition vers le minimalisme est souhaitable, sur du long terme, pour bon nombre de coureurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

English

The media have been giving it to minimalism over the last month. Indeed, RedOrbitDaily MailHuffington PostNY TimesThe Stochastic ScientistCanoeASO Challenge have all sounded the seven trumpets claiming that minimalism could cause serious injuries according to a new study led by Dr. Sarah Ridge (Foot Bone Marrow Edema after 10-Week Transition to Minimalist Running Shoes).

Let’s get serious and show more thoroughness than have these medias, shall we? Despite a few biases, this is a relatively good scientific research that was published in January 2013. The protocol was rather straightforward: a feet MRI was administered to 19 experienced recreational runners who wore traditional shoes in order to analyze potential bone injury before and after a 10-week transition to extreme minimalist shoes (the famous FiveFingers – 90% TRC rating). This group was compared to a control group of 17 runners who had kept their traditional shoes.

Ensuing results were all the more foreseeable. Runners who had proceeded to this quick transition to minimalism were more inclined to show foot bone marrow edema, which was the result of significant stress. With good reasons, the conclusions reached by the authors were as follows: runners interested in transitioning to minimalist running shoes, such as Vibram FiveFingers, should transition very slowly and gradually in order to avoid potential stress injury in the foot.

Such a conclusion was parallel to study results and to the literature published on that topic. However, had the protocol been different, another conclusion could have been drawn, such as: “minimalist runners interested in transitioning to traditional shoes such as the Asics Nimbus model should transition very gradually and slowly in order to avoid potential injuries in the knees and back.” :)

These transition periods have already been studied by other authors, including Dr. Schütte in a doctorate dissertation (The Effect of Minimalist Shoe Training on Lower Limb Kinematics and Kinetics in Experienced Shod Runners). Such conclusive evidence combined with 12 years of experience in prescribing minimalist shoes have led us to set up very conservative and safe transition periods as part of our recommendations to that effect as it is preferable for many runners to opt for a long-term transition to minimalist shoes.

21
mar

Courir les Amériques pieds nus / Running the Americas Barefoot

English follows

L’exploit du personnage Forrest Gump de courir à travers les États-Unis n’était peut-être pas si irréaliste que l’on ne le pensait. Imaginez une version « trajet allongé » et ce, sans les fameuses chaussures « Nike »…

Nous sommes récemment tombés sur un article relatant le projet très ambitieux d’un étudiant de l’Université Concordia de Montréal, Joseph Michael Liu Roqueni, qui planifie de quitter Montréal en mai et de se rendre à la pointe sud de l’Argentine… en courant! Un parcours de rien de moins que 19 000 km!

Mais le défi ne s’arrête pas là. Joseph projette de faire ce trajet pieds nus!

Pourquoi? « Je m’y suis habitué et je désire sauver le poids et le prix des chaussures à transporter »
Vous retrouverez une petite vidéo de Joseph dans ce petit document publié par Radio-Canada.

Lee-Manuel de La Clinique Du Coureur est entré en contact avec l’aventurier en question et lui a posé quelques questions. Joseph était très heureux de notre intérêt pour son projet et nous a gentiment répondu.

  1. Courais-tu pieds nus étant plus jeune? En fait je n’y ai jamais pensé, mais maintenant que vous me le demandez, oui j’ai beaucoup couru pieds nus quand j’avais environ entre 7 et 12 ans, pas beaucoup par contre, probablement l’équivalent d’une joute de Soccer quelques fois par semaine donc ceci ferait environ 3 heures par semaine si on fait la moyenne.
  2. T’entraînes-tu présentement seulement pieds nus? Non, je fais de la course pieds nus et en chaussures minimalistes dépendamment de la façon dont mon corps se sent.
  3. Est-ce que la course pieds nus t’a mené à moins ou plus de blessures? Au tout début oui, j’ai été blessé et j’étais déçu par la théorie de la course pieds nus. Mais après quelques recherches et un peu de temps, j’ai réalisé que c’était mon corps qui s’adaptait à utiliser des muscles que je n’avais jamais utilisés en portant des chaussures. Un fois remis de ces blessures, ce qui a pris des mois, je n’ai plus eu aucune blessure autre que des ampoules et coupures dont j’ai souffert aussi pendant mon adaptation.
  4. As-tu fait quelque chose de spécial pour t’aider à t’adapter à la course pieds nus? Oui, processus graduel. En premier la pelouse, durant mes échauffements ou retours au calme (cooldown) dans mes entraînements, 15 à 20 minutes par jour. Par la suite, échauffements ET retours au calme. Ensuite le tapis roulant, même principe de 15-20 minutes et graduellement j’ai augmenté la durée. Ensuite la piste, puis l’asphalte, le béton et les routes de terre incluant les cailloux. Dans chaque changement de surface j’ai fait un pas en arrière en terme de durée d’entraînement. Par exemple: si je courais 40 minutes sur un tapis roulant, en changeant pour la piste d’entraînement je suis revenu à 10-15 minutes sur cette nouvelle surface. Aussi, chaque changement de surface m’a causé de vilaines ampoules mais seulement à la première occasion. Ensuite on développe le durillon assez rapidement et on peut courir sur à peu près n’importe quoi. Maintenant je cours aussi sur la neige. La neige dure n’est pas très agréable parce que ça peut devenir coupant mais la neige molle est magnifique! Je dois dire par contre que je ne fais plus d’entraînements compétitifs pour la course comme je le faisais avant pendant la saison de Cross Country donc ceci fait aussi partie des raison pour lesquelles je ne suis plus blessé, je ne peux donner tout le crédit à la course pieds nus. Je serai plus expérimenté à ce sujet quand je reviendrai d’Argentine hahaha. Je vous tiendrai au courant.    

Nos opinions et constatations : l’adaptation tissulaire est toujours une question de temps et elle est propre à chacun. En analysant le cheminement de Joseph, nous observons à nouveau que les limites de l’adaptation tissulaire sont plus que souvent sous-estimées. Dans l’affiche créée par La Clinique Du Coureur (image ci-bas), des temps de transition avaient été proposées pour ceux et celles qui voulaient se mettre au minimalisme… des temps très conservateurs et largement suffisants pour plus de 90% des coureurs.

Nous souhaitons la meilleure des chances à Joseph dans sa grande odyssée. Vous pourrez suivre son cheminement et l’encourager financièrement via son site web… et ce dès son départ en mai, pour ce voyage qui, selon lui, prendra environ 2 ans.

www.runningtotheendoftheworld.com
www.facebook.com/RuntotheEndoftheWorld


English

The feat achieved by the character Forrest Gump when he goes about running across the United States in the self-titled movie might not have been that unrealistic after all. Can you imagine an “extended run” version, and without Nike shoes at that?

We have recently come across an interesting article that dealt with a very bold project set up by a student from Concordia University, in Montréal, Joseph Michael Liu Roqueni. As if Forrest Gump hadn’t done enough, the Montrealer is planning to leave the city in May to run down to the farthest South point of Argentina! A distance only a little short of 20,000 km!

But this challenge goes beyond the distance travelled; Joseph contemplates making the trip bare foot!

Why? Joseph says that he got used to it and it’ll be worth his while as he’ll be saving on the weight and price of the shoes. You can click on this link to watch a short video of Joseph that was posted on the website of Radio-Canada.

The Running Clinic’s Lee-Manuel contacted this “adventurous fellow” and asked him a few questions. Joseph was delighted with the interest we had in his project and kindly answered our questions.

  1. Do you use to run barefoot when you were young? I actually never thought about it, but now that you ask, yes I did some barefoot running around when I was about between 7-12 years old, not much though probably the equivalent to a soccer game a couple of times a week so that’s about 3 hours per week if we average it out.
  2. Do you currently only train barefoot? No, I do both barefoot and minimalist shoes depending on how my body feels.
  3. Did running barefoot bring you more/less running injuries? At the very beginning yes I did get injured and I was disappointed by the theory on barefoot running, but after some research and time I realized that it was my body adapting to using the muscles that I never used wearing shoes. Once I recover from that, which took months, I haven’t gotten any injuries at all besides minor blisters and cuts I suffered also during adaptation.
  4. Have you done anything special to help adapt your barefoot running? Yes gradual process. First grass, during my warm ups or cool downs on my workouts, 15 to 20 min a day, a couple of times per week, then both warm up and cool down, then treadmill, same principle 10-15 min and gradually increasing time, then track, then pavement (asphalt), then concrete, then dirt roads including gravel. In every surface switch I would step back time wise, meaning if I was running 40 min on the treadmill, when I switch to track I started again at 10 or 15 min on the new surface. And also each surface transition caused me big blisters but only the first time, then you develop calluses very fast and you are capable or running pretty much anywhere. Now I run on snow too, hard snow is not so nice because it can get sharp but soft snow is awesome! I have to say though, I don’t do workouts for competitive racing anymore like I used to do during my cross country seasons so that is another influence in no injuries, I cannot give all the credit to barefoot running. I will be more experienced on this topic when I come back from Argentina hahaha. I can keep you posted.

Our opinion and findings: Tissue adaptation is always time-related and specific to everyone. Upon analysis of Joseph’s running experience and training, we have found yet again that the limits of tissue adaptation are more than often underestimated. In the poster created by The Running Clinic (image below), we have proposed transition periods for those who wished to switch to minimalism. These are very conservative estimates that will apply to over 90 percent of runners out there.

We wish Joseph all the best. You can follow his training and help him financially via his website as soon as he leaves in May for a two-year-or-so journey.

www.runningtotheendoftheworld.com
www.facebook.com/RuntotheEndoftheWorld

25
fév

Boutiques chaussures spécialisées / Specialized shoe stores

English follows

Le site web de La Clinique Du Coureur lance officiellement sa section « Boutiques Chaussures Spécialisées » qui est avant tout un registre des boutiques spécialisées course à pied du monde entier ayant une pratique basée sur les connaissances scientifiques et se démarquant par leur approche basée sur les données probantes actuellement connues. Des boutiques pour qui l’achat d’une chaussure est un choix:

1. Un choix qui respecte les demandes du client

Les croyances des clients sont souvent basées sur leur propre expérience, mais fréquemment aussi, biaisées par les influences commerciales. Malgré l’importance de transmettre des informations vulgarisées et fiables (provenant de source non-biaisée), il est essentiel de ne pas démolir les croyances du client à coup d’argumentaires sans fondement ou basées sur nos propres croyances. Le respect de la prescription du référant est aussi un aspect à considérer.

Si des changements de pratiques sont entrepris,  ils doivent être intégrés avec grande prudence. Un coureur qui change de type de chaussure devra s’assurer d’une transition sécuritaire en transférant d’une chaussure à l’autre de façon très graduelle.

2. Un choix scientifique et logique avant marketing

Les concepts enseignés au client doivent être basés sur ce que l’on connait de la science ou, dans le cas d’un manque d’évidence, provenant d’une logique clinique couplée à une riche expérience.

Il est important de savoir que les nouveautés technologiques annuellement proposées par les compagnies sont sans fondement scientifiques solides et ont comme objectif simple et unique de vendre le produit. Le détaillant/vendeur doit analyser avec critique l’information provenant des compagnies, pour que celles-ci ne compromettent pas son indépendance professionnelle, notamment dans le discours que le vendeur a envers le client. Les influences commerciales et les profits associés à la vente d’une chaussure particulière ne devraient jamais influencer le vendeur dans les choix proposés au client.

 3. Un choix d’abord ergonomique

Le confort est la chose la plus importante dans l’achat d’une chaussure de course à pied. Un confort défini non pas comme la perception d’enveloppement et de mollesse, mais bien l’absence de pressions déformantes ou irritantes. Les critères essentiels se résument donc au respect de la longueur, de la largeur et de la forme du pied, dont la forme de l’avant pied et des orteils, et ce, autant en statique qu’en dynamique.

4. Un choix ultra-minimaliste pour les enfants

Les points essentiels dans le choix de chaussures pour enfants sont relativement simples et acceptés par la très grande majorité des experts dans le domaine. D’abord, le rôle principal des chaussures est de protéger le pied des blessures et des infections. Ensuite, la sélection des chaussures pour les enfants devrait être basée sur le modèle « pied nu » pour que le pied se développe de façon optimale. Les chaussures raides et compressives ne doivent pas être recommandées. Finalement, ce n’est pas très compliqué: plus les enfants sont pieds nus, mieux c’est. Tous les bons vendeurs de souliers devraient transmettre cette information aux parents.

L’environnement social ou le type de terrain nécessite parfois des chaussures, qui devraient être dans tous les cas ULTRA minimalistes (sans talon, sans support d’arche, le plus minces possible et ultra souples dans toutes les directions). De plus, il n’y a pas d’âge où l’enfant/adolescent devrait commencer à porter des chaussures maximalistes (absorbant, avec talon surélevé, relativement rigide, …). Si par contre l’adolescent s’est adapté aux chaussures maximalistes, une transition vers des chaussures minimalistes devra être faite sur quelques semaines, adaptation oblige.

5. Un choix minimaliste pour les débutants

Le débutant sans expérience de course est « vierge » dans son apprentissage biomécanique. Il aura donc tout intérêt, et ce, dès le début, à intégrer des chaussures qui perturbent le moins possible les biomécaniques naturelles et qui ne nuisent pas au développement du pied. Les chaussures minimalistes vont amener le coureur à développer des comportements de modération d’impact plus efficaces. En d’autres mots, il apprendra à courir léger.

Malgré des évidences limitées sur l’effet long terme de l’utilisation d’un type de chaussures en particulier, l’incidence des blessures chez les usagers de chaussures minimalistes a été démontrée, par une étude rétrospective, comme étant nettement moindre que ceux utilisant des chaussures modernes « traditionnelles ». De plus, aucun avantage ne justifie la promotion des chaussures maximalistes chez le coureur qui n’y est pas adapté, et ce, peu importe le poids de l’individu.

6. Un choix non basé sur le type d’arche de pied

Il est reconnu que l’assignation de chaussures en fonction du type de pied (plat, creux ou universel) est une pratique non justifiée. Aussi, l’efficacité des systèmes de contrôle de la pronation à contrôler les mouvements du pied et de la jambe est remise en question.

Il reste valable par contre d’orienter un coureur vers une chaussure qui ne déforme pas trop (autant en pronation qu’en supination) sa dynamique de course naturelle. Une chaussure qui augmente le degré de pronation naturellement observé pieds nus, ne serait pas souhaitable puisqu’elle changerait la biomécanique à laquelle le corps est adapté.

7. Un choix non basé sur le poids de l’individu

Rien scientifiquement ne justifie que les personnes relativement plus lourdes aient des chaussures plus épaisses, plus absorbantes, plus rigides ou à talons plus élevés. La durabilité sera le critère spécifique à considérer dans la sélection de la chaussure.

 

Vous retrouverez cette section et les boutiques qui s’y retrouvent sur notre site web www.lacliniqueducoureur.com .

Notez que cette section, comme nos recommandations, évoluera au rythme des nouvelles connaissances et publications scientifiques. Si vous adhérez à ces principes et que vous êtes un détaillant de chaussures spécialisées,écrivez-nous. Vous aurez gratuitement une rencontre Skype avec Blaise Dubois, vos coordonnées dans cette liste et des informations complémentaires vous seront fourni.

info@lacliniqueducoureur.com

 

English

The Running Clinic’s website officially launches its section « Specialized Running Shoe Retailers » which is a register of worldwide running shoe stores that feature a practice based on scientific knowledge and stand with an approach based on currently known evidence. Shoe retailers for whom the purchase of a running shoe is a choice:

1. A choice that mirrors client request

While beliefs held by clients are often based on their own experience, they are still frequently biased by commercial influences. Additionally, despite the importance of disseminating information that is easy to understand and reliable (from unbiased sources), it is important not to destroy such beliefs with unfounded arguments or with recommendations based upon our own beliefs. It is also paramount to respect any prescription that may have been issued previously by a specialist.

If changes in practice occur, they must be implemented with caution. A runner who elects to use a new type of running shoes will have to ensure a progressive transition from the old to the new shoes.

2. A scientific and logical selection that supersedes marketing incentives

The concepts taught to any client must be centered on science-based evidence or, in the event of a lack of data in that regard, on evidence stemming from a clinical reasoning coupled with a rich professional experience.

It is important to understand that the new technologies proposed every year by companies have no scientific basis and are designed for a simple objective, that is, to sell specific products. Retailers/salespeople must critically analyze the information conveyed by companies so as to ensure that the latter do not compromise the former’s professional independence, namely with regard to advice provided to clients. Commercial influences and profits related to the sale of a specific type of shoe should never influence salespeople in the choices they submit to clients.

3. A choice primarily based on ergonomics

Comfort is the single most important factor when purchasing a pair of running shoes. Comfort should not be defined as a feeling of envelopment and softness but rather as the absence of pressure points that could cause deformation or irritation of the foot. The criteria that are deemed essential in this regard thus concern the size, width and shape of the foot, including the shape of the forefoot and the toes (both when static and dynamic).

4. A choice geared toward ultra-minimalism for children

The elements that are essential in selecting a pair of shoes for children are relatively straightforward and widely accepted by all experts in this field. First, the main role of shoes is to protect the foot from injuries and infection. Second, the selection of a pair of shoes for children should be based on the “barefoot” model so that the foot develops in an optimal way. Stiff and tight shoes are not recommended. Finally, this is pretty simple, the more often are children barefoot, the better it is. Any good shoe salesperson should communicate such information to parents.

The social environment or the type of terrain encountered will often requires the child to wear shoes that are ULTRA minimalist:  no heel or arch support, and a sole that is flexible and ultra-thin. Furthermore, there is no age when the child/teenager should start wearing maximalist running shoes (cushioned, elevated heel, relatively rigid). However, if a teenager has already grown accustomed to maximalist running shoes, there should be a progressive transition to minimalist shoes spread over a few weeks in order to allow the foot to adapt.

5. A minimalist selection for beginner

Beginners with no running experience are “virgins” in terms of their own biomechanical learning curve. In turn, this would explain the importance to integrate as early as possible shoes that interfere as little as possible with natural biomechanics as well as with the development of the feet. Minimalist running shoes will help runners develop more efficient impact-moderating behaviors. In other words, they will learn to run light.

There is limited scientific evidence concerning which of minimalism or maximalism is better. However, a retrospective study has found that the number of injuries for minimalist shoe wearers was considerably lower than for runners who use more modern “traditional” shoes. Moreover, no claimed benefit should justify the promotion of maximalist running shoes for runners who are not so adapted, regardless of an individual’s weight.

6. A choice not based on the arch of the foot

It is a well-known fact that recommending running shoes on the basis of the type of foot (flat, highor universal) constitutes an unjustified practice. In addition, the efficiency of pronation control systems in governing the movements of the feet and legs has been challenged.

Nevertheless, it is important to guide runners to shoes that do not interfere with natural running movements. A shoe that increases the degree of pronation or supination observed in a natural barefoot setting is believed not to be ideal as it will alter the biomechanics to which the body has managed to adapt over time.

7. A choice not based on an individual’s weight

There is no scientific basis for justifying that relatively heavy people should wear thicker, more cushioned and more rigid shoes or shoes elevated at the heel. Durability is an additional criterion to consider when looking to select the right type of running shoes.

 

You will find this section and the shoe store involved on our website www.therunningclinic.com .

Please note that this section as well as our recommendations will evolve as new information and scientific publications are issued. Do not hesitate to contact us via email if you agree with these principles and you are a specialized shoe retailer. You will be entitled to a free Skype discussion with Mr. Blaise Dubois, your professional information will be added to our specialist listing below and additional information will be provided to you.

info@therunningclinic.com

 

 

 

 

 

 

5
fév

La chaussure de jogging – Revue de la littérature scientifique / Running Shoes – Overview of the Scientific Literature

English follows

Dans le cadre du congrès mondial IFOMPT 2012 (the World Congress of Manual/Musculoskeletal Physiotherapy) j’ai présenté deux posters, dont un sur la chaussure de course à pied et les aspects pratiques entourant leur prescription. Voici le résumé.

Introduction

La mode des chaussures minimalistes bouleverse présentement le marché des chaussures de course à pied. À ce jour, par contre, aucun guide de prescription basé sur des données probantes accompagne la promotion des chaussures minimalistes ou traditionnelles (Talon Absorbant avec ou sans technologie antiPronateur – TAP).

Objectif

Élaborer des guides cliniques sur la prescription de la chaussure de course à pied à partir d’une revue de littérature.

Méthode et résultats

Dans l’objectif d’élaborer des guides cliniques sur la prescription de la chaussure de course à pied, un total de sept banques de données ont été systématiquement explorées (Cochrane Central Register of Controlled Trials, MEDLINE, EMBASE, CINAHL, ERIC, Current Contents and SPORTDiscus). Aucun RCT n’a été identifié pour nous orienter sur la prescription des chaussures de course. Les seuls articles pertinents trouvés concluent que nous ne pouvons pas faire une prescription basée sur l’analyse statique des pieds(1-3) (the wet test) ni de sa dynamique de mouvement (degré de pronation). (4)

Deux autres revues systématiques sont arrivées aux mêmes conclusions. En 2008, Richards(5) montre que la prescription des chaussures TAP traditionnellement vendues et prescrites par les professionnels, n’est pas basée sur des données probantes. Plus récemment, une revue Cochrane de Yeung(6) sur les interventions dans la prévention des blessures en course à pied arrive à des conclusions similaires.

L’état actuel des connaissances relatives à la chaussure est par contre élaboré sur l’effet du port d’une chaussure sur les paramètres spatio- temporels, la biomécanique, les forces appliquées, l’activité musculaire, le stress tissulaire et le coût oxydatif. Autant chez les enfants(7) que chez l’adulte(8-10), les chaussures TAP influencent les paramètres biomécaniques : la cadence ralentit, l’attaque talon augmente, le stress sur le pied diminue et celui sur le genou a tendance à augmenter. Ces connaissances fondamentales combinées aux principes d’adaptation tissulaire, nous permettent d’établir un organigramme de prescription thérapeutique qui utilisera la chaussure soit comme outil de protection et de décharge tissulaire, soit au contraire comme outil de stress tissulaire pour créer de l’adaptation.

Conclusion

Davantage d’essais cliniques sont nécessaires pour que nos recommandations relatives aux chaussures de course soient basées sur des données probantes solides. Par contre, la compréhension des effets biomécaniques et tissulaires qu’ont différents types de chaussures, nous a permis de produire des posters vulgarisés explicatifs pour les patients (poster de gauche) et un poster élaboré pour professionnels de la santé (poster de droite).

1. Knapik JJ et al., Injury reduction effectiveness of selecting running shoes based on plantar shape, Journal of Strength and Conditioning Research 2009; 23(3): 685-97. 

2. Knapik JJ et al., United States Army physical readiness training: rationale and evaluation of the physical training doctrine, Journal of Strength and Conditioning Research 2009; 23(4): 1353-62. 

3. Knapik JJ et al., Effect on injuries of assigning shoes based on foot shape in air force basic training, American Journal of Preventive Medicine 2010; 38 (1 Suppl):S197-211. 

4. Ryan MB et al., The effect of three different levels of footwear stability on pain outcomes in women runners: a randomised control trial, British Journal of Sports Medicine 2011; 45(9): 715-21. 

5. Richards CE et al., Is your prescription of distance running shoes evidence-based?, British Journal of Sports Medicine 2009; 43(3): 159-62. 

6. Yeung E et al., Interventions for preventing lower limb soft-tissue running injuries, Cochrane Database of Systematic Reviews 2011, Issue 7. Art. No.: CD001256 

7. Wegener C et al., Effect of children’s shoes on gait: a systematic review and meta-analysis, Journal of Foot and Ankle Research 2011; 4(1): 3 

8. Lohman EB et al., A comparison of the spatiotemporal parameters, kinematics, and biomechanics between shod, unshod, and minimally supported running as compared to walking, Physical Therapy in Sport 2011; 12(4): 151-163 

9. Murley GS et al., Effect of foot posture, foot orthoses and footwear on lower limb muscle activity during walking and running: a systematic review. Gait and Posture 2009; 29(2): 172-87. 

10. Squadrone R et al., Biomechanical and physiological comparison of barefoot and two shod conditions in experienced barefoot runners. Journal of Sports Medicine and Physical Fitness 2009; 49(1): 6-13.

 

 

English

As part of the IFOMPT’s World Congress of Manual/Musculoskeletal Physiotherapy, I  featured two posters pertaining to running shoes and practical aspects relative to their prescription, respectively. Here’s the abstract.

Introduction

Lately, the minimalist trend has completely shaken up the running shoe market. However, no prescription guide based on scientific evidence has been used to support the promotion of minimalist or traditional (Pronation control, Elevated Cushioned Heel – PECH) shoes.

Objectif

Draft clinical guides relative to the prescription of running shoes based on an extensive literature review.

Methods and results 

A total of seven databases were systematically reviewed in the preparation of clinical guidelines that were to be used for the prescription of running shoes (Cochrane Central Register of Controlled Trials, MEDLINE, EMBASE, CINAHL, ERIC, Current Contents and SPORTDiscus). No randomized controlled trial that could have contributed to a better understanding in the field of running shoe prescriptions was found. The only relevant articles that were gathered concluded that it was not possible to prescribe shoes solely based upon a static analysis of the foot(1-3) (the wet test) or its biomechanics (degree of pronation)(4).

Two additional reviews led to similar conclusions. In 2008, Richards(5) stated that the prescription of PECH shoes, traditionally found on the market and prescribed by professionals, was not evidence-based. More recently, a Cochrane review by Yeung(6) on interventions in the prevention of running injuries reached the same conclusions.

However, it is important to note that general knowledge with respect to running shoes has been developed by taking into account their effect on spatiotemporal parameters, kinematics, biomechanics, applied forces, muscle activity, tissue stress and oxygen demand. Interestingly, for both children(7) and adults(8-10), PECH shoes have been found to influence the following biomechanical parameters while running: decreased step frequency, increased heel strike, reduced stress on the feet as well as greater stress on the knees.

Such fundamental knowledge, combined with tissue adaptation principles, have allowed establishing a therapeutic prescription flow chart whereby a shoe will be seen either as a protection and tissue unloading tool or, conversely, as a tool to stimulate the human body’s adaptation process by applying stress on tissues.

Conclusion

More clinical trials are needed in order to recommend running shoes based on solid evidence. Nevertheless, based on current advances in the field of running shoe effects on biomechanics and tissue stress, we have produced and included information displays for patients (left-hand poster) as well as for health professionals (right-hand poster).

1. Knapik JJ et al., Injury reduction effectiveness of selecting running shoes based on plantar shape, Journal of Strength and Conditioning Research 2009; 23(3): 685-97. 

2. Knapik JJ et al., United States Army physical readiness training: rationale and evaluation of the physical training doctrine, Journal of Strength and Conditioning Research 2009; 23(4): 1353-62. 

3. Knapik JJ et al., Effect on injuries of assigning shoes based on foot shape in air force basic training, American Journal of Preventive Medicine 2010; 38 (1 Suppl):S197-211. 

4. Ryan MB et al., The effect of three different levels of footwear stability on pain outcomes in women runners: a randomised control trial, British Journal of Sports Medicine 2011; 45(9): 715-21. 

5. Richards CE et al., Is your prescription of distance running shoes evidence-based?, British Journal of Sports Medicine 2009; 43(3): 159-62. 

6. Yeung E et al., Interventions for preventing lower limb soft-tissue running injuries, Cochrane Database of Systematic Reviews 2011, Issue 7. Art. No.: CD001256 

7. Wegener C et al., Effect of children’s shoes on gait: a systematic review and meta-analysis, Journal of Foot and Ankle Research 2011; 4(1): 3 

8. Lohman EB et al., A comparison of the spatiotemporal parameters, kinematics, and biomechanics between shod, unshod, and minimally supported running as compared to walking, Physical Therapy in Sport 2011; 12(4): 151-163 

9. Murley GS et al., Effect of foot posture, foot orthoses and footwear on lower limb muscle activity during walking and running: a systematic review. Gait and Posture 2009; 29(2): 172-87

10. Squadrone R et al., Biomechanical and physiological comparison of barefoot and two shod conditions in experienced barefoot runners. Journal of Sports Medicine and Physical Fitness 2009; 49(1): 6-13.

 

 

 

 

 

29
jan

L’avenir du minimalisme / The Future of Minimalism


English follows

Dans un des derniers numéros de runninginsight.com, un magazine nord-américain pour les personnes oeuvrant dans le business de la course à pied, certaines statistiques de 2012 sur les comportements relatifs au minimalisme ont été rapportées (document ci-présenté). Voici quelques points clés:

  • 2% des coureurs n’ont jamais entendu parlé des chaussures minimalistes
  • 59% ont entendu parlé des chaussures minimalistes mais n’ont jamais essayé
  • 17% utilisent parfois des chaussures minimalistes
  • 11% utilisent habituellement ou constamment des chaussures minimalistes
  • Ces statistiques augmentent chez les coureurs plus expérimentés : 36% des coureurs qui courent souvent utilisent parfois, souvent ou constamment des chaussures minimalistes contrairement à 22% pour les coureurs courant moins fréquemment.

Ce qui est le plus intriguant est la réponse à la question : La première fois que vous avez essayé une chaussure minimaliste, avez vous été au magasin avec l’intention spécifique de les essayer ? À ma grande surprise, une grande majorité des répondants ont dit que oui. Seulement 27% des personnes se sont donc fait proposer une chaussure minimaliste par le vendeur.

En conclusion, 60% des coureurs sont éveillés au concept minimaliste mais n’ont jamais essayé… parce que les détaillants ne sont pas portés à les proposer. Les raisons restent obscures et varient selon les commerçants : philosophiques, influences commerciales inconscientes, mercantiles ? La faible promotion de ce type de chaussure par le détaillant serait-il la principale raison qui expliquerait la réduction de la croissance des ventes de chaussures minimalistes? (On en vend toujours de plus en plus mais la croissance des pourcentages ralentit.) Serait-ce le jeu des compagnies qui ont réussi à nous nous faire croire que ce n’était pas bon pour la santé?

Je reviens donc sur la série de billets que nous avions fait sur les détaillants. La balle est dans votre camp… À vous de la saisir.

Notre prochain billet : les recommandations de chaussures basées sur une approche scientifique.

 

English

In one of its latest issues, runninginsight.com, a North American publication intended for business people working in the field of running, released a number of statistics from 2012 with respect to trends related to minimalism (document here shown). Here are a few key points that were highlighted:

  • Two percent of runners had never heard of minimalist or barefoot running shoes.
  • Fifty-nine percent had heard of minimalist/barefoot running shoes but had never tried out a pair.
  • Seventeen percent used minimalist or barefoot running shoes from time to time.
  • Eleven percent typically or always used minimalist or barefoot running shoes.
  • These statistics increased in the case of more experienced runners with 36 percent of high-frequency runners using minimalist shoes sometimes, typically or always versus 22 percent for low-frequency runners.

What’s most intriguing was the answer provided to the following question: The first time you tried minimalist or barefoot shoes, did you go into the store with the specific intention of trying them out? I was astonished to find that most respondents had answered “Yes.” Only 27 percent of people had thus been proposed a pair of minimalist shoes by the salesperson.

Finally, a total of 60 percent of participants knew about minimalist shoes but had never tried any out because salespeople were simply not used to proposing them. While it is still unknown why, the reasons vary from one storekeeper to another: philosophical issues, unconscious marketing influences, profit-related motives? Would this low promotion level on the part of retailers be the main reason why minimalist shoe sales growth percentages have been slowing down (sales are still going up but the growth percentage is not progressing as much)? Could this be the work of companies successfully tricking us into believing that such shoes are not good for the body?

On that note, I want to refer to the series of posts that were published on shoe retailers, it is your turn to speak up. The ball is in your court.

Our next ticket will deal with shoe recommendations based upon a scientific approach.

19
jan

Thank You for Smoking

English follows

Oh my god…
Je viens juste d’écouter un film que je proclamerais « film culte » pour moi : Thank you for Smoking. Ce film américain réalisé par Jason Reitman est sorti en 2006, n’a pas fait beaucoup de vagues, mais est pourtant criant de vérité et d’actualité. Bande annonce ici.

Synopsis
Businessman sans scrupule au service du lobby du tabac, Nick Naylor est un as de la communication. Son business ? Contrecarrer les politiques de prévention contre le tabagisme, qui représentent un danger pour Big Tabacco, la société qui l’emploie. Lui-même définit son rôle ainsi : « informer le grand public de toutes les recherches faites sur les effets du tabagisme ». Sa force ? Défendre l’indéfendable en agençant de belles paroles qui semblent logiques et scientifiques à la première écoute.

Citations mémorables :

Joey Naylor (Le fils) : … et puis, qu’est-ce qui arrive quand tu as tort?

Nick Naylor (Le père lobbyiste) : Whoa, Joey… je n’ai jamais tort.

Joey Naylor : Mais tu ne peux pas toujours avoir raison…

Nick Naylor : Humm, si c’est ta job d’avoir raison, tu n’as jamais tort.

Joey Naylor : Mais qu’arrive-t-il si tu as tort?

Nick Naylor : OK. Disons que tu défends le chocolat et que moi je défends la vanille. Maintenant, si je te disais « La vanille est la meilleure saveur de crème glacée », tu me répondrais…

Joey Naylor : non, c’est le chocolat.

Nick Naylor : Exactement. Mais tu ne peux pas gagner avec cet argument… Je vais ensuite te demander : donc tu penses que la saveur chocolat est la meilleure de toutes les saveurs de crème glacée, n’est-ce pas?

Joey Naylor : C’est la meilleure de toutes les crèmes glacées, je n’en commanderais aucune autre.

Nick Naylor : Oh! Donc ce n’est que la saveur chocolat pour toi, n’est-ce pas?

Joey Naylor : Oui, la saveur chocolat est tout ce que j’ai besoin.

Nick Naylor : Humm. Moi, j’ai besoin de plus que de la saveur chocolat, tout comme j’ai besoin aussi de plus que la saveur vanille. Je crois que nous avons besoin de liberté. Un choix quand il est question de crème glacée… et ça Joey Naylor, ça c’est la définition de liberté.

Joey Naylor : Mais ce n’est pas de cela dont nous parlons.

Nick Naylor : Ah! Mais c’est de ça que JE parle.

Joey Naylor : … Mais tu n’as pas prouvé que la saveur vanille était la meilleure…

Nick Naylor : J’ai pas besoin. J’ai prouvé que tu avais tort, et si tu as tort, j’ai donc raison.

Joey Naylor : Mais tu ne m’as toujours pas convaincu.

Nick Naylor : C’est en plein ça… c’est pas toi que je veux convaincre… c’est eux (pointant l’ensemble des personnes qui les entouraient au restaurant)

 

Attention, il est possible que vous fassiez certains liens avec l’industrie pharmaceutique, celle des boissons sportives, ou encore de la chaussure de sport… il est même possible que vous reconnaissiez les lobbyistes pseudo-scientifiques de certaines compagnies de chaussures :) , mais ce ne serait qu’une drôle de coïncidence.

La semaine prochaine, retour sur le terrain… l’avenir du minimalisme

 

 

 

 

English

Oh my god!
I have just finished watching what I would call a cult classic, “Thank you for Smoking.” This American movie was released in 2006 and directed by Jason Reitman. Although the movie went pretty much unnoticed, it is revealingly true and still relevant today. Movie trailer here.

Synopsis
Nick Naylor is an unscrupulous businessman as well as a lobbyist and outspoken advocate for the tobacco industry. His job consists in defending the tobacco industry against smoking prevention policies, which represent a clear danger for Big Tobacco, the corporation which employs him. He defines his role as follows: “inform the general public of all the research carried out on the effects of smoking.” His strength consists in defending what cannot be defended by fast talking people with a discourse that seems logical and scientific at first glance.

Memorable Quotes

Joey Naylor (his son): …so what happens when you’re wrong?

Nick Naylor (the father lobbyist): Whoa, Joey I’m never wrong.

Joey Naylor: But you can’t always be right…

Nick Naylor: Well, if it’s your job to be right, then you’re never wrong

Joey Naylor: But what if you are wrong?

Nick Naylor: OK, let’s say that you’re defending chocolate, and I’m defending vanilla. Now if I were to say to you: ‘Vanilla is the best flavor ice-cream’, you’d say…

Joey Naylor: No, chocolate is.

Nick Naylor: Exactly, but you can’t win with this argument… so, I’ll ask you: so you think chocolate is the end all and the all of ice cream, do you?

Joey Naylor: It’s the best ice cream, I wouldn’t order any other.

Nick Naylor: Oh! So it’s all chocolate for you is it?

Joey Naylor: Yes, chocolate is all I need.

Nick Naylor: Well, I need more than chocolate, and for that matter I need more than vanilla. I believe that we need freedom. And choice when it comes to our ice cream, and that Joey Naylor, that is the definition of liberty.

Joey Naylor: But that’s not what we’re talking about

Nick Naylor: Ah! But that’s what I’m talking about.

Joey Naylor: …but you didn’t prove that vanilla was the best…

Nick Naylor: I didn’t have to. I proved that you’re wrong, and if you’re wrong I’m right.

Joey Naylor: But you still didn’t convince me

Nick Naylor: It’s that… I’m not after you. I’m after them (all people around)

 

Caution, you may establish some sort of relationship with the pharmaceutical industry, the sports drink industry or even the sports footwear industry… you might even recognize pseudo-scientific lobbyists from a number of running shoe companies :) , but this would only be an unfortunate coincidence, wouldn’t it?

Next week, back on the field… the future of minimalism.

13
jan

Hydratation 4 de 4 : Et après… on fait quoi? / Hydration 4 of 4: What’s Next?

English follows

Dr. Tim Noakes est un scientifique de renom bien connu dans la communauté pour ses publications sur le sujet de l’hydratation dans les sports d’endurance. Il est actuellement LA référence sur le sujet de l’hyponatrémie. Plusieurs coureurs le connaissent comme auteur de la bible en course à pied « Lore of Running ».

Voici la dernière des 4 parties tirées de son dernier livre « Waterlogged, The Serious Problem of Overhydration in Endurance Sports ».

Attention de poser le bon diagnostic afin que le plan de traitement soit non pas inapproprié, mais bien le plus efficace possible.

  • Un diagnostic de coup de chaleur doit être posé seulement si le patient présente une altération claire de ses fonctions mentales (confusion ou perte de conscience) ET une température corporelle (rectale) >41˚C ET une réponse positive au traitement qu’est un refroidissement du corps.
  • La façon la plus efficace de refroidir la température d’un patient en coup de chaleur est de le plonger dans de l’eau glacée pendant 20 à 30 minutes.
  • Les symptômes typiques de l’hyponatrémie induite par l’exercice sont, habituellement en ordre d’apparition: performance physique réduite, nausées et vomissements, céphalées, niveau de conscience altéré, convulsions.
  • La cause la plus commune d’effondrement à l’arrivée d’une épreuve chez les athlètes est l’hypotension posturale associée à l’exercice.
  • La déshydratation et le déficit en sodium ne causent pas l’hypotension posturale associée à l’exercice
  • Le traitement pour l’hypotension associée à l’exercice consiste à élever la partie du lit où reposent les pieds du patient.

En conclusion, les coureurs plus lents courent à moindre intensité, suent moins, ont des températures corporelles plus basses… mais se font recommander de boire plus, ont plus d’opportunité de boire durant leurs épreuves et… boivent plus… parfois trop. ATTENTION !

C’était le dernier billet de cette série de 4 sur l’hydratation dans les sports d’endurance. Des conclusions qui bouleverseront encore une fois des dogmes bien installés… qui ont besoin d’être confrontés pour évoluer !

P.S. N’oubliez pas de vous procurer le livre « Waterlogged, The Serious Problem of Overhydration in Endurance Sports » de Tim Noakes… plein d’autres secrets y sont cachés… bonne lecture!

 

 

English

Dr. Tim Noakes is a well-renowned scientist notorious for his publications on hydration in endurance sports. He is THE reference of choice in hyponatremia. Several runners know him from being the author of running masterpiece “Lore of Running.”

We conclude our series of posts on “Waterlogged, The Serious Problem of Overhydration in Endurance Sports” with the fourth and last publication on this subject.

Be careful to make accurate diagnoses so that the treatment plan can be optimally effective rather than inappropriate.

  • Diagnoses of heat stoke must be done only if you have: clear alteration of mental function (confusion or loss of consciousness) AND body temperature (rectal) >41˚C AND a positive response over giving treatment of active whole body cooling. (p.333)
  • The most effective way to cool patients with heatstroke is to place them in ice-cold water for 20 to 30 minutes (p.243)
  • Symptoms of exercise-associated hyponatremia are typically (appear usually in this order): impaired exercise performance, nausea and vomiting, headache, altered level of consciousness, seizure (convulsions). (p.348)
  • The most common cause of post race collapse in athletes is Exercise-Associated Postural Hypotension (EAPH) (p.53)
  • Dehydration or sodium deficit do not cause EAPH (p.132)
  • The simple treatment for EAPH is to elevate the base of the bed where the patient’s feet are laid. (p.53)

Finally, although slower runners spend less energy, sweat less and have a lower body temperature, they are still recommended to drink more, have more opportunities to drink during competitions and, thus, actually drink more, which is sometimes too much. BE WARY!

This was the fourth and last of our series on hydration in endurance sports, which allowed us to unveil conclusions that might have shaken your deepest foundations. Remember that confrontation is often the path toward evolution!

Get out there and purchase Tim Noakes’ “Waterlogged, The Serious Problem of Overhydration in Endurance Sports”. It still holds many more secrets to be revealed, so enjoy!